
Calixte BENOIT
Remontons le temps ensemble. Commençons par la fin, et le plus important.
Pourquoi je veux faire du Figaro ?
« Plus difficile est la victoire, plus grande est la joie de gagner »
Je veux faire du Figaro car c’est la classe ayant le plus de niveau en course au large !
L’adversité et la quantité de travail nécessaire font que, pour moi, La Solitaire du Figaro est la plus belle des courses que l’on puisse rêver de gagner.
En monotypie, les seuls facteurs qui distinguent un marin d’un autre sont le talent et le travail. Chaque concurrent s’investit corps et âme, nourrissant l’espoir de décrocher un jour le Graal. C’est cela qui me fascine.
« Plus difficile est la victoire, plus grande est la joie de gagner. » Or, c’est en Figaro que la victoire est la plus difficile à arracher. Elle ne pardonne rien et ne s’offre qu’aux meilleurs. La gagner, c’est entrer dans l’histoire de la voile, s’offrir des souvenirs et des émotions gravés à jamais dans nos vies.
Intégrer le monde de la voile professionnelle
Début 2024, Christopher PRATT et la team Marsail m’invitent à intégrer le projet Wind of Trust.
Rien de moins que de participer aux Ocean 50 series à 22 ans !
C’est aussi la première fois que je réalise un convoyage en équipage très réduit et que je réalise mes premières manœuvres en duo.
Entraînements à Marseille, convoyages, relations partenaires, et enfin, Grand Prix d’Ocean Fifty. L’impression de revivre les grandes années des ORMA ! Dix bateaux sur un parcours d’un mille et demi, filant entre 20 et 30 nœuds. Une expérience aussi intense qu’inoubliable. Mais surtout une saison très formatrice à naviguer auprès des meilleurs marins français.
Mes premiers bords au large
C’est à Dimitri Deruelle que je dois mes premiers bords en course au large. Ma première opportunité de naviguer en IRC sur un Ker 40 en équipage.
Mes premiers quarts, que je passe à la barre, aux réglages, ou à effectuer mes premiers peeling sur la plage avant. J’apprends à gérer la fatigue qui s’accumule sur plusieurs jours en mer. Mais c’est surtout l’analyse météo qui me captive et m’entraîne rapidement dans ce domaine fascinant. Plus tard, je me prépare aux situations extrêmes en suivant la formation Sécurité World Sailing.
J’ai commencé par apprendre la météo de mon côté, avant de passer à la gestion des briefings météo pour le Pôle Inshore Sud. Des formations avec Christian Dumard, la lecture des ouvrages de Jean-Yves Bernot, l’apprentissage des logiciels Squid puis Adrena… Tout cela m’a mené à mon premier poste de routeur lors de la Giraglia 2024, où nous avons décroché un top 10 !
Le Match Racing
Après mes années passées au Pôle Espoir en Laser, je me suis tourné vers l’Inshore et le Match Racing.
Une première année de Match Racing assez légère, suivie de l’année du Covid, m’a permis de suivre mes cours à l’EDHEC Business School en présentiel, comme un étudiant normal.
Avec la création du Pôle Inshore Sud juste après le Covid, mon emploi du temps de navigation s’est considérablement intensifié. J’ai pourtant choisi de rester en présentiel pour terminer mes études normalement, même si je passais plus de temps sur l’eau qu’en cours.
Finalement, j’ai réussi à obtenir mon diplôme avec les honneurs de la Dean’s List de l’EDHEC. J’ai ensuite effectué un stage de six mois, suivi d’un CDD d’un an avec des horaires plus ou moins aménagés chez CMA CGM.
Notre rigueur et notre travail acharné nous ont permis, à mon équipe et moi, de progresser régulièrement, jusqu’à nous hisser parmi les toutes premières places mondiales. Nous sommes devenus Double Champions d’Europe Seniors, avons été plusieurs fois médaillés aux championnats de France, et faisons partie du top 5 mondial. En SB20 également, notre collaboration avec des coachs tels que Xavier Rohart et Philippe Michel nous a permis de remporter les titres de Champions du Monde, tant chez les jeunes que chez les Corinthiens.
Surtout, le match racing a été une école formidable de l’habitable. En cinq ans de compétition au plus haut niveau, nous avons navigué sur une multitude de bateaux, allant du RS21, le plus petit, aux J22, J24, J70, J80, et jusqu’au Match 40 ! Cette incroyable diversité de plans d’eau et de navires a permis à mon équipe et à moi d’acquérir une véritable rigueur et une excellente capacité d’adaptation.
Allier le pôle espoir et un lycée classique
Après l’optimist, je me suis tourné vers le laser. Je n’aimais pas particulièrement ce bateau, mais c’était là que le niveau était le plus intense.
Il fallait se battre pour chaque centimètre et c’est ce qui m’a le plus plu.
J’étais assez limité par ma taille et il me fallait tirer plus fort que les autres pour aller aussi vite. Je termine quand même deux fois 4ème aux Championnats de France.
Lorsque j’ai intégré le Pôle Espoir de Marseille, j’étais scolarisé dans un lycée privé qui ne proposait pas d’horaires aménagés. Plutôt que de rejoindre un lycée moins réputé mais offrant des aménagements, j’ai choisi d’allier études et sport sans concession. Je travaillais donc le soir pour rattraper les cours de la journée et compenser mes semaines d’absence. Finalement, j’ai réussi à obtenir mon bac avec la mention très bien.
Les origines
J’ai toujours navigué. Mes parents, moniteurs de voile, m’ont fait monter sur un bateau avant que je sache marcher.
J’ai tiré mes premiers bords en optimist à l’âge de 5 ans et j’en ai ensuite fait pendant 10 ans.
Dix années de progression, étape par étape, m’ont permis d’intégrer le top 5 français et de participer au Championnat du Monde à Buenos Aires en 2014 !
